Je suis Lucas CHARPAUD, étudiant GMP. J’ai créé ce site dans le cadre de formation, l’article ci dessous est récupéré de cette page : https://www.build-green.fr/earthship-et-geonef-avantages-et-inconvenients/

nos déchets valent de l’or 

Michael Reynolds

Le principe de Earthship biotecture (ou Géonef)

Pour Michael Reynolds, véritable avant-gardiste de l’architecture verte, « nos déchets valent de l’or ». Si l’esthétique n’est pas prioritaire, le confort de vie, la simplicité de mise en place et l’utilisation de matériaux de proximité mis à disposition par la nature le sont nettement plus !

Les objectifs à atteindre dans une géonef sont les suivants :

  • utiliser les apports passifs du soleil et la masse thermique de la terre pour des performances thermiques et énergétiques naturellement efficaces
  • employer un maximum de déchets (pneus, canettes, bouteilles) et de matériaux naturels, (bois, terre, torchis, …) ;
  • viser l’autonomie des habitants en énergie, en eau, en alimentation et pour les déchets
Principe du Earthship

Dans un earthship, il n’y a pas de chauffage ni de climatisation. Comme dans une maison passive, son architecture est étudiée pour utiliser au maximum les apports solaires, sur le principe du bioclimatisme. La serre solaire et ses baies vitrées orientées plein sud, vont emprisonner cette chaleur indispensable au confort de vie. Les nombreuses plantes vertes et cultures de la serre jouent le rôle de régulateurs thermiques. L’excès de chaleur l’été est évacué par une fenêtre en puits à l’avant du toit.

Les chaleurs d’origine humaine et ménagère viennent compléter l’hiver les apports thermiques. On fait l’appoint avec un système de ventilation soit passif (sur le principe du puits canadien) soit en double-flux. La masse thermique du earthship, constituée par la terre, absorbe la chaleur en excès de la journée pour la restituer plus tard.

Ainsi, la plupart des earthships sont semi-enterrés, avec un mur de refends en pneus et entièrement recouvert de terre sur la partie nord, pour se protéger des aléas climatiques et du manque d’ensoleillement.

Un concept poussé à l’extrême

Depuis les années 70, Michael Reynolds teste, expérimente de nombreuses solutions. Il a souvent dû revoir sa copie, mais au final le concept est relativement abouti pour celles et ceux qui souhaiteraient atteindre l’auto-suffisance.

L’auto-consommation dans tous ses états

Réduire son empreinte carbone sur la planète nécessite d’orienter ses choix de vie vers plus d’auto-consommation : énergie, eau, alimentation et recyclage des déchets.

Tout a été étudié pour dépendre le moins possible des acteurs conventionnels.

Des réductions de coût à l’usage

En atteignant l’autonomie, sur le chauffage, l’eau, l’énergie et l’alimentation, on réduit non seulement sa dépendance par rapport à son environnement, mais surtout ses dépenses.

Une construction relativement facile

Avec le recul et l’expérience de plus de 30 ans du concept, on sait qu’il est possible de construire un géonef (de 3 pièces) en moins de 3 mois. Il faudra toutefois y mettre du sien et avoir recours au système de chantier participatif indispensable au concept.

L’impact carbone limité

Avec 3 milliards de pneus jetés chaque année sur Terre, ce matériau est quasiment inépuisable et souvent disponible à quelques kilomètres du terrain. Utiliser des matériaux recyclés est la meilleure solution pour réduire le cycle de vie de la construction.

Un confort de vie à tous les étages

Et finalement quel plaisir de vivre dans une maison dont on a pleinement participé à l’élaboration.  Avec en prime un confort thermique agréable tout au long de l’année, sans avoir à se soucier des factures d’énergie ou d’eau.

Inconvénients des earthships

Le besoin en main-d’oeuvre

Comme beaucoup de concept de maisons dites écologiques (maison paille ou maison terre), leur bas coût repose sur la participation de nombreuses personnes à titre bénévole, que ce soit par passion, pour apprendre ou par simple amitié.

Invitées dans le cadre d’un chantier participatif, ces personnes vont participer le plus souvent au gros oeuvre du chantier : tamisage de la terre et remplissage des pneus, pose de la charpente, de la toiture, des revêtements muraux et des parois intérieures. Quelques earthshipers, déjà formés à certaines techniques, peuvent aussi accompagner les auto-constructeurs dans l’installation de la plomberie, des systèmes électriques, de ventilation ou de récupération d’eau très spécifiques à ce concept.

Il sera donc nécessaire de planifier chacune des interventions et surtout de prendre en charge pour chacun d’eux l’hébergement, les repas, les outils, les équipements de sécurité et les assurances obligatoires.

La polémique sur les pneus

Un pneu est considéré comme non biodégradable. Et c’est là sa faiblesse, car il est constitué de nombreux additifs toxiques comme le zinc, le noir de carbone, le cadmium, le sélénium et des molécules organiques de type HAP (source). Des cas d’allergies ont d’ailleurs été recensés quelques années après les premières constructions.

Il est donc préférable, d’une part de prévoir la pose d’un film d’étanchéité et d’autre part de mettre en place une bonne ventilation, pour éviter de respirer toutes ces toxines.

[Edit 03/09/2018] Même si ces points sont plus ou moins contredits par cet article dédié aux pneus dans le earthship, notre conseil reste de mise : étanchéifier et ventiler !

L’adaptation au climat local

Lorsque Michael Reynolds s’est vu retirer sa licence d’architecture, il lui était reproché au début des années 80 sur les premiers chantiers réalisés en dehors de Taos, des problèmes thermiques. Si effectivement en milieu sec, le concept peut se passer d’isolant, dans les zones froides et humides (donc peu ensoleillées), il est conseillé de prévoir une isolation complémentaire au niveau du sol et des parois. Depuis, Reynolds a rectifié le tir et adapte son efficacité thermique en fonction de la région.

Réglementation française limitative

Conçu dans un contexte particulier de normes américaines relativement souples en matière environnementale, il faudra se montrer plus vigilant avec la RT 2012 et encore plus avec la prochaine réglementation environnementale prévue pour 2018 (E+C-).

Le recours à un architecte expérimenté en la matière, ou tout au moins un bureau d’étude thermique, semble préférable pour s’assurer l’obtention du certificat de conformité.

La dépendance aux préceptes et formations

Tel le gourou d’une secte, Michael Reynolds appuie son concept sur une succession de formations qui vont vous permettre de suivre toutes les étapes de la construction. Tout ceci peut se faire en ligne depuis le site internet. Tout repose sur la confiance qu’on accordera au charismatique évangélisateur du mouvement Earthship.

Certains mettent toutefois en doute (Eng, traduction FR) les choix techniques préconisés, au risque de déclencher le courroux du gourou !

Le coût global

Même si les vieux pneus et les boîtes en aluminium peuvent parfois être trouvés gratuitement, il faudra prévoir bien d’autres dépenses comme la charpente en bois et sa couverture, l’isolation, des vitrages sur mesure, les finitions intérieures, le système de plomberie compliqué avec plus de réservoirs et de pompes qu’un système conventionnel et un système d’énergies renouvelables complexe. A cela ajoutez les frais de main-d’oeuvre (même bénévole) et d’accompagnement qui alourdiront la facture.

Si le concept de base reste très accessible (à partir de 200€/m² en auto-construction), plus vous souhaiterez devenir autonome, plus il vous faudra investir dans les solutions techniques préconisées (et souvent coûteuses), pouvant faire grimper la note jusqu’à 300 000 € (hors terrain).

Il faudra donc trouver le juste équilibre entre votre capacité de financement, votre volonté d’autonomie et la possibilité de reporter certains travaux.

Les limites architecturales

Le concept de serre bioclimatique limite beaucoup les possibilités architecturales. Il faut impérativement orienter cette double façade vitrée plein sud et lui consacrer une grande largeur pour être efficace et pouvoir y intégrer son jardin biologique. Si une maison Earthship est reconnaissable immédiatement, il est possible de compenser cette singularité par la décoration, les finitions extérieures et des couleurs.

Assainissement biologique

Il faudra être très vigilant dans l’utilisation de produits d’entretien, en privilégiant ceux qui sont biodégradables et en évitant notamment l’eau de Javel, les diluants de peinture et la térébenthine, nocifs aux plantes et rémanents après traitement de l’eau.

Autonomie alimentaire et réalité

Quel que soit le concept constructif, il faut être réaliste ! Devenir autonome en alimentation ne se fait pas sans concession : diversité alimentaire limitée, temps important à consacrer, besoins en eaux et nutriments. Ne négligez pas ces contraintes et ne comptez pas devenir autonome avant quelques années de pratique.

Quel avenir pour les earthships ?

On peut s’interroger sur l’avenir de la Earthship Biotecture, son concepteur n’étant pas éternel, est-ce qu’elle perdurera après sa disparition ? En tout cas, Michael Reynolds a laissé une empreinte indélébile qui marquera l’architecture à jamais, comme ont pu le faire d’autres architectes utopistes comme les américains Frank Lloyd Wright ou Richard Buckminster Fuller ou plus proche de nous Le Corbusier ou Antti Lovag.

Conclusion

Est-il besoin d’inventer des réglementations ou des labels alambiqués quand on peut construire, sans eux, un habitat tout aussi efficace pour la protection de la planète ? Certainement pas. Ce concept nous le prouve et s’il a fallu près de 30 ans à Michael Reynolds pour aboutir à de telles performances, combien de temps faudra t-il à nos têtes pensantes pour arriver, peut-être par d’autres chemins, à des conclusions semblables ?

earthship de nuit

Au final, tous ces principes longuement étudiés et adaptés par Michael Reynolds ont largement inspiré nombre de labels qui se disent de la construction passive ou positive, avec une différence de taille : le choix des matériaux. Le recyclage et les éco-matériaux n’étant pas une valeur ajoutée intéressante pour ces labels commerciaux, ils ont préféré s’allier aux lobbyistes des matériaux conventionnels pour discrètement faire l’impasse sur les matériaux gratuits ou bon marché que nous pouvons trouver à portée de notre main… On a juste changé de gourou…

Quelques sources

Le site officiel : Earthship Biotecture

Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Earthship

Association française dédiée au Earthship : https://www.habitetaterre.fr/

Des exemples de earthships :

Vidéos :

Playlist Youtube  de Build Green consacrée aux Earthships

Garbage Warrior, le film consacré à Michael Reynolds

Pinterest : notre tableau dédié aux Earthships

Bonus : le 1er earthship français en reportage vidéo par France 5

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